« ... L'Histoire nous a appris que les guerres commencent toujours quand les gouvernants se mêlent de refaire les cartes de géographie... »

(Franz-Olivier Giesbert, à propos de la déclaration d'indépendance du Kosovo)

27 mars 2008 Citations

Par Minor-Catastrophes le 27 mars 2008
Après, est-ce une citation de neutralité ? Telle est la question.
Je l'aime bien, Giesbert (il ressemble grave à Jack Nicholson en plus).
Par Berethiel le 27 mars 2008
Les guerres de territoires ne sont peut être pas les pires, heureusement puisqu'elles sont les plus nombreuses. Les pires resteront les guerres de peuples, avec cette idée d'extermination, de vouloir blesser à mort tout un peuple.
Par Behelit le 29 mars 2008
Il serait grotesque de vouloir dissocier guerres de territoires et guerres de peuples. A part les guerres idéologiques (nouveau concept apparu au vingtième siècle, apporté, comme chacun le sait, par nos amis les rouges et les fascistes)
et les guerres "émotives" (nom que je donnerais aux affrontements déclenchés par les simples sentiments d'un souverain un peu trop humain, comme lors de la guerre de Troie - même si c'est un mauvais exemple car fortement romancé il s'agit du plus connu), il n'y a pas de différences entre les guerres. La terre est indissociable du peuple qui l'occupe - elle est son refuge, sa demeure ancestrale; elle devient au fil des âges une part de l'esprit collectif.

Au Kosovo, c'est exactement le même conflit. Fouillons un peu dans nos mémoires; le Kosovo est une province serbe depuis plus d'une dizaine de siècles, compte près d'une centaine de monastères orthodoxes classés au patrimoine mondial, et est le berceau historique, culturel ainsi qu'ethnographique du millénaire empire serbe - qui est aujourd'hui réduit à quelques centaines de kilomètres carrés, comme quoi les aléas de l'histoire et de la langue peuvent changer la face visible du monde à des degrés disproportionnés, oui, je m'égare, et j'adore ça.

Le Kosovo donc, puisque, dissertations et autres pamphlets sur la dimension universelle de la guerre mis à part, c'est là notre sujet, a été au cours des siècles "pris pour cible" par l'immigration de nombreuses familles et communautés albanaises, qui, se trouvant bien là bas, y sont restés. Les albanais, comme chacun le sait, sont un peuple de race caucasienne convertis à l'islam durant l'occupation de l'empire ottoman. Leurs opinions, leur culture et leur mœurs sont, par conséquent, à plusieurs années-lumières du mode de vie serbe, purement occidental, hérité du christiannisme.
Par Behelit le 29 mars 2008
La haine fratricide qui sépare les deux peuples ne date donc pas d'hier, mais la situation ne s'est pas arrangée avec le temps; on peut même dire, au vu des évènements actuels, qu'elle s'envenime dangereusement.

La raison? De vraie raison, il n'y en a guère. Sinon la haine ancestrale de l'homme pour tout ce qui lui est étranger et qui lui apparait, volontairement ou non, menaçant envers la stabilité du cocon qu'il appelle le monde; pour résumer, ethnocentrisme. Est-ce cela? Ou n'est-ce qu'un autre conflit qui n'oppose aucun des adversaires, mais simplement l'homme et l'homme? La terreur ne disparaît-elle pas, lorsque l'on y soumet le faible?

Le Kosovo est aujourd'hui occupé à 90% par des albanais, les serbes représentant une minorité dans cette partie de leur propre pays (ou, devrais-je dire, ex-partie). Pour des raisons trop longues et trop obscures pour être développées dans un commentaire, les états-unis (non, pas de majuscule à états-unis. Jamais. MÊME PAS AU BAC.) soutiennent la nation albanaise, qui représente pour eux un atout majeur et outil polyvalent pour la conservation de leur influence en Europe de l'est - une sorte de couteau-suisse yougoslave. Ne me demandez pas comment on peut être suisse et yougoslave, la réponse est dans la question. Bref. Les forces armées américaines ont donc bombardé à plusieurs reprises (OTAN 1, OTAN 2, guerre civile) l'Etat serbe, détruisant sous les explosions des forêts plus vieilles que la nation américaine elle-même; et ce en réponse à la volonté des serbes de contrôler la situation dans leur propre pays. Quoi de plus normal lorsque les gens se mettent à tirer sur la police et à brûler les églises, que d'y envoyer des gendarmes pour calmer les insurgés? Même s'il y a des degrés différents, c'est ce que chaque pays civilisé fait. C'est là la base de l'Etat; la répression envers ceux qui enfreignent la loi approuvée par la collectivité.
Par Behelit le 29 mars 2008
Si les actions militaires américaines venaient toujours, comme ils s'obstinent à le prétendre, de démarches humanistes, les GIs se feraient massacrer au Tibet en ce moment-même par les forces de répression chinoises (je ne suis pas en train de comparer le problème tibétain au problème kosovar, il s'agit juste une pirouette sur la futilité de la démarche américaine). L'hypocrisie des usa n'est pas chose nouvelle, et bien que le monde entier ne soit pas aveugle, ils continuent de mentir. Honnêtement, on dirait plutôt qu'ils se mentent à eux-mêmes qu'autre chose. En même temps, il n'y a qu'eux qui sont assez cons pour croire à des choses comme "l'Axe du Mal" ou "le méchant serbe qui a des cornes et qui mange des enfants" (tiens ça me fait penser à un certain Adolf ce genre de propagande). Quoi qu'il en soit, il est clair aux yeux de tous, que le nerf de la guerre à l'aube du 21ème siècle n'est déjà plus dirigée que par les intérêts économiques et militaires. L'idéologie est pour nous loin derrière, et n'est plus la foi que des sauvages qui causeront notre perte.
Par Behelit le 29 mars 2008
Ce temps est à la peur et au massacre, et ainsi la première puissance elle-même tremble devant les vagues grondantes de la haine et du chagrin de ses opprimés. Cette ère est au mensonge et à la survie, lesquels mènent à la cécité, à la froideur et à l'abnégation de soi. L'homme et sa peur feront tout leur possible pour avoir peur plus longtemps. L'homme moderne et civilisé, ou, devrais-je dire, aveugle et ignorant du monde, veut continuer à vivre au chaud dans sa bulle, autant que ses détracteurs veulent la détruire.
Bien que détenteur d'un pouvoir capable de transformer la face de l'oeuvre de dieu en quelques heures, et d'un droit et devoir de décision par rapport aux hommes devant détenir ce pouvoir, le peuple américain s'y laisse couler comme dans un puits sans fond, et laisse quelques hommes décider pour plusieurs milliards.

Ce temps est au métal et à l'excès. Un jour, le monde nommera ce futur proche qu'est le notre, l'Âge de l'Ombre.
Par Behelit le 29 mars 2008
Je comptais pas écrire un tel roman, mais maintenant que c'est fait, je vais en faire un article, hh. Merci de m'avoir lancé. XD
 

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